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Marc Legras, 10 novembre 2009, Paris


Stéphane Côté, oiseau de passage québécois, s’est posé deux soirs à Paris, dans le bouillonnant quartier des Halles, aujourd'hui disparues. Sous son plafond vouté aux carreaux de faïence blancs, le Sunset accueille  habituellement les amateurs de jazz. Dans ce décor froid, impeccablement accompagné par Alain Leblanc et Daniel Breton- présent aux côtés de Gilles Vigneault quelques jours auparavant sur la scène de l’Olympia- Stéphane Côté a d’emblée trouvé le ton pour s’adresser à un public attentif, ravi de le découvrir.

En quelques années, le chanteur  a étoffé son registre d’interprète, gagné en présence, sans rien perdre de sa simplicité. L’homme est au cœur de ses chansons. À la fois lui-même mais aussi son semblable, son frère. Avec ses rêves, ses espoirs, sa foi dans la nature humaine. Et le sourire, le brin d’humour indiquant  la distance à l’égard de ce qui, du monde, peut parfois nous envahir, nous affecter.

D’un disque à l’autre, il creuse son sillon d’auteur avec une belle constance. Notre époque est celle du coup par coup, de la navigation à vue, Stéphane Côté, lui, tisse sa toile délicatement sans hausser la voix, en toute humilité. Comme les chansonniers de naguère construisaient une œuvre que validaient l’intérêt fidèle, renouvelé du public, le temps, la durée.


Marc Legras
Chorus Les Cahiers de la chanson  
  
Stéphane Côté